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Joël JOSSELIN

Voleurs !

et bandits !

Ainsi donc le Président de la République considère qu’il y a eu consultation des syndicats avec plus de quatre heures de débats lors du « sommet social » du 18 janvier dernier. La fameuse loi de 2006 votée après la défaite du gouvernement obligé de retirer son CPE est donc respectée, les partenaires sociaux ont été consultés (déjà ceux cités par Sarkozy se félicitent que des discussions s’engagent), on peut maintenant s’en prendre à la classe ouvrière et lui appliquer un troisième plan de rigueur. Il aura pour nom TVA sociale et contrat compétitivité-emploi...

Exonérer les patrons de cotisations sociales jusqu’à 2,1 SMIC donc faire payer sur le budget de l’Etat (c’est à dire aux contribuables donc aux salariés) la part patronale des cotisations sociales constitue un premier détournement du salaire différé (cet argent appartenant aux salariés par le biais de la Sécurité Sociale gérée paritairement). Récupérer l’argent de ces cotisations par une augmentation de la TVA, revient à faire payer deux fois les salariés (c’est à dire les consommateurs). Il s’agit là indéniablement d’un double hold-up !

Permettre aux patrons de négocier des accords qui dérogeraient aux conventions collectives, aux accords de branche, au code du travail et même au contrat de travail sur des questions aussi essentielles que la durée du travail et le montant des salaires constitue la plus grave attaque contre le droit du travail que notre pays ait pu connaître depuis que le syndicalisme existe (hormis la période pétainiste). Tout l’édifice conventionnel et juridique sera balayé, tous les principes en faveur des salariés  qu’ils soient ou non organisés seront caduques. Au prétexte de la crise, avec un chantage à l’emploi, on pourra en toute impunité augmenter le temps de travail et baisser les salaires. C’est la loi de la jungle !

Comme souvent, la réponse d’en bas est aux antipodes des rêves de ces voleurs et bandits d’en haut. Ce sont les salariés de Eiffage ou ceux de Web Help qui après un ou plusieurs jours de grève parviennent à négocier des augmentations de leurs salaires, primes et indemnités. Ce sont les enseignants, les policiers et les agents des finances qui manifestent pour leurs conditions de travail et contre la politique du gouvernement en matière d’emplois. Il est bien évident que tout cela finira en un affrontement et celui-ci ne sera pas électoral mais social.

Il va bien falloir que la classe ouvrière fasse comprendre à ceux d’en haut que cela suffit et que crise ou pas, dette ou pas, élections ou pas, les revendications des salariés, des jeunes, des chômeurs et des retraités en terme d’emplois, de salaire et de retraite devront être satisfaites. Il suffit de regarder ce qui se passe encore en Egypte pour comprendre que rien n’est jamais acquis mais que tout est toujours possible.

En tout cas, le syndicalisme libre, indépendant et confédéré qu’incarne Force Ouvrière sera aux côtés de ceux qui, quelles que soient les circonstances, quelle que soit la période, ont toujours comme objectif la satisfaction des revendications.

 

 


Rennes, le 6 février 2012, Joël JOSSELIN, Secrétaire Général

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